Carnet de voyage

Mongolie: Au pays de Gengis Khan

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Par-delà les monts et les steppes, pays du grand ciel bleu, récemment ouvert au reste du monde, terre de nomades où solidarité et hospitalité sont les maîtres mots, la Mongolie nous a ébloui.
Juillet 2016
23 jours
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Par une pluvieuse matinée de juillet, nous sommes arrivés à Oulan Bator, ou UB comme se plaisent à l'appeler les mongols, capitale du pays. Le choc culturel n'a pas mit longtemps à se faire sentir, à peine étions nous montés dans le bus supposé nous amener dans le centre ville que la barrière de la langue nous est apparue. Ne maitrisant pas le cyrillique et l'anglais ne nous étant d'aucun secours, il nous a été difficile ne serait ce que de savoir si nous allions dans le bon sens. Heureusement un jeune mongol est venu à notre secours en nous indiquant l'arrêt auquel nous devions descendre et nous guidant même dans nos premiers pas dans la ville.

La traduction littérale d'Oulan Bator, Ulaan Baatar en mongol, est "le héros rouge".

Si aux premiers abords, la ville en elle même ne représente pas un grand intérêt et que le voyageur s'empressera de la délaisser pour les grandes étendues vierges qui s'étirent à l'infini à quelques kilomètres de là, on se laissera tout de même séduire par certains lieux, qui, l'espace d'un instant nous ferons oublier la capitale polluée et sa circulation anarchique. Ses temples bouddhistes (Gandan Khiid et le temple du Choijin Lama) et son musée des beaux arts dédié à l'artiste Zanabazar figure emblématique de l'art mongol et du bouddhisme, sauront toucher les amateurs de la tradition bouddhique et de l'architecture asiatique tout en donnant un premier aperçu de l'histoire tumultueuse du pays .

Gandan Khiid

Le bouddhisme, malgré des années de communisme et les purges effectuées, reste très présent dans la ville et le pays. Cela donne lieu à un contraste étonnant entre la volonté de modernisation de la ville et son riche passé.

Temple du Choijin Lama

La ville, tant par la diversité de ses habitants que par ses contrastes architecturaux est incroyablement atypique. On y croise aussi bien des moines bouddhistes dans leurs Kesa (toge traditionnelle des moines), que des nomades de passage ou encore la jet-set mongole aux gadgets dernier cris et aux 4x4 rutilants.

Après deux jours passés dans la capitale nous décidions qu'il était temps de partir à la rencontre de la steppe. Nous nous sommes donc rendus à la Dragon center bus station afin de prendre nos billets auprès de la compagnie de bus publics ( épisode qui d'ailleurs, donna lieu à une situation assez cocasse : deux touristes occidentaux brandissant leur carte en cyrillique à l'employée de la compagnie de bus ne parlant pas l'anglais, afin de lui montrer une destination qu'ils n'arrivaient pas à prononcer).

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Après 8h de trajet que la musique mongole diffusée par les baffles du bus ont rendu assez folkloriques, nous sommes arrivés à Kharakhorin, l'ancienne capitale de l'Empire Mongol. Notre périple nous a permis d'avoir un premier aperçu de la steppe, visible à travers les vitres crasseuses d'un bus d'une autre époque.

Kharakhorin

Malgré son glorieux passé, la ville a été détruite au XIV siècle par des soldats manchous puis reconstruite dans un style que, aujourd'hui l'on pourrait qualifier de "soviétique". N'ayant donc peu de charme en elle même, Kharakhorin abrite tout de même un des plus importants temples bouddhistes de Mongolie, le temple Erdene Zuu. Joyau architectural, il a été en partie détruit par les soviétiques, mais reconstruit à partir des années 1990, comme la plupart des temples mongols, sous l'impulsion du gouvernement. Dans ce monastère, des cérémonies bouddhistes se tiennent à 11 heures le matin, nous avons donc pu y assister et écouter les récitations par les moines de leurs mantras. Cependant, nous avons été quelque peu déçus, il semble que le silence religieux que l'on peut observer chez nous ne s'applique pas ici, la cérémonie ressemblait plus à une cacophonie du fait de la présence des nombreux touristes et d'une équipe de tournage sur les lieux (les moines eux, étaient imperturbables, récitant inlassablement leurs mantras).

Erdene Zuu

Cependant, la petite taille de la ville a un avantage, en quelques pas, le voyageur pourra se retrouver dans la steppe immense et verdoyante qui borde la petite localité.

La steppe aux alentours de Kharakhorin

L'un des autres lieux d'intérêt de la ville est son musée, d'une incroyable modernité, retraçant l'histoire de la ville depuis son apogée jusqu'à son déclin, il est chaudement conseillé de le visiter.

Durant notre séjour à Kharakhorin nous logions dans une agréable GuestHouse, gérée par la très aimable Tuya, le Morin Jim Cafe ou en attendant de pouvoir découvrir la steppe plus en profondeur nous avons pu explorer la culture mongole par sa cuisine !

Khuushuurs et Buuzs

Parmi les grandes spécialités culinaires mongoles vous trouverez les buuzs (raviolis farcis au mouton cuits à la vapeur), les khuushuurs (beignets frits et farcis au mouton) et l'aïrag (alcool à base de lait de jument fermenté), estomacs sensibles s'abstenir !

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Afin de continuer notre découverte du bouddhisme, nous sommes allés visiter un monastère perché dans la montagne. Pour se faire, notre Guesthouse nous a trouvé une jeep accompagnée d'un jeune mongol aux incroyables talents de conducteur. Le monastère se trouvant à plus de 80 km de Kharakhorin (ce qui est en Mongolie une distance considérable, vu l'état voir l'absence de routes) le trajet nous a donné l'opportunité d'explorer la steppe plus en profondeur, expérimentant par la même occasion l'hospitalité des nomades.

La rivière Orkhon.

Sur notre route, au moment de traverser l'un des bras de la rivière d'Orkhon, nous avons rencontré une famille dont la jeep s'était embourbée. Dans la steppe il est inimaginable de ne pas essayer de venir en aide à une autre personne dans pareille situation, notre chauffeur s'est alors arrêté afin de "treuiller" la seconde jeep.

Une jeep embourbée.

Nous sommes également descendus dans l'eau gelée afin de pousser la jeep. Malgré tous nos efforts elle ne bougea pas d'un mètre et le treuil lâcha. Cependant, cela nous a donné l'occasion de nous arrêter chez des nomades afin d'utiliser leur téléphone satellites pour appeler de l'aide. S'est alors manifestée l'hospitalité mongole: notre chauffeur, sans même connaitre les habitants de la yourte, y est entré et s'est installé, attendant de se faire servir du Tsai (thé au lait) et de l'aruul (fromage séché au goût étonnant, variant d'une yourte à l'autre). Le temps de fumer une cigarette avec les nomades, de prendre quelques photos et nous étions de nouveau sur les pistes.

Au milieu de nul part.

Notre chauffeur étant quelque peu désorienté, nous avons dû refaire un arrêt dans une yourte quelques temps après. Une fois les conventions sociales respectées (une nouvelle fois tsai, aruul et airag), le plus naturellement qu'il soit, nous avons pris à notre bord un garçon d'une douzaine d'années afin qu'il nous serve de guide, son père travaillant au pieds du monastère en tant que loueur de chevaux.

Une fois arrivés sur place, il nous a fallut faire l'ascension de la crête sur laquelle est perchée le monastère. Si la ballade en elle même ne représente rien d'insurmontable (comptez une heure de marche, 30 minutes à cheval), les mouches en été rendent la progression vraiment pénible.

Malgré ce petit point noir le monastère vaut vraiment le détour: le Tövkhön khiid, fondé par Zanabazar, héritier de la lignée de Genghis khan et équivalent mongol du Dalaï Lama , il y médita pendant trente ans. Le monastère par son histoire et la spiritualité qu'il dégage est devenu un lieu de pèlerinage pour les mongols de confession bouddhiste. Il est intéressant, pour les plus courageux, d'emprunter le petit chemin escarpé longeant la falaise et qui, après une ascension assez périlleuse offre une panorama splendide sur la région et un accès à la grotte de la renaissance à la symbolique utérine (un petit passage par lequel on se faufile à quatre pattes). Ce parcours, s'achève sur un puit d'eau sacré pour les mongols, qui viennent y boire allègrement. Sur l'invitation de notre guide, nous avons goûté cette eau incroyablement fraiche puisée à même le coeur de la montagne.

Tövkhön Khiid.

Le trajet de retour fut plus mouvementé, un gigantesque orage nous guettant, il nous a fallut faire vite pour rentrer (du moins aussi vite que la steppe nous le permettait) notre guide et chauffeur a eu une fois de plus l'occasion de démontrer ses talents de conducteur, en franchissant des rivières ayant prit en ampleur du fait des torrents d'eau qui s'abattait sur nous.

Jeu de lumière sur la steppe mongole.

Le lendemain, nous nous sommes accordés une journée de répit avant de reprendre le bus pour Oulan Bator afin de rejoindre notre prochaine étape, la perle bleu de Mongolie, le Khovsgol Nuur.

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Après un court séjour à Oulan Bator, nous avons pris un bus en direction du lac Khövsgöl, situé dans le nord de la Mongolie en dessous de la frontière russe et à proximité de son frère russe le lac Baïkal. Le trajet, effectué de nuit, nous sembla interminable: il nous a fallut plus de 15 heures pour rejoindre Mörön capitale de la province à partir de laquelle nous avons pris une jeep en compagnie de 4 autres touristes pour Khatgal. Nous avons trouvé réconfort dans un sympathique camp de yourtes, la MS Guesthouse, se trouvant au sud du lac et proposant des nuits dans des yourtes privatives.

L'une des yourtes de la Ms Guesthouse.

Durant notre périple en bus nous avons rencontré un couple de canadiens qui nous ont gentiment proposé de partir randonner sur les berges du lac. Apres avoir loué une tente par la biais de notre guesthouse, nous sommes partis explorer la rive ouest du lac Khovsgol. Ne parvenant pas à trouver un sentier balisé, la balade s'est rapidement transformée en véritable aventure, frôlant presque l'alpinisme, assaillit par les mouches et les moustiques. Mais la simple vue des couleurs du lac, justifiant à elle seule le nom de celui-ci (perle bleu de mongolie), a amplement contenté nos attentes.

Le lac Khövsgöl

Après une journée harassante nous avons décidés de poser nos tentes dans un camp de yourtes sur les berges du lac. La propriétaire nous régala d'un copieux repas pour une somme dérisoire. Le lendemain nous avons poursuivi la balade jusqu'à une jolie presqu'île, après quoi, nous avons décidé de rebrousser quelque peu à contrecoeur, mais nous devions nous rendre à l'évidence, nous n'étions pas suffisamment préparés, nous manquions de point de ravitaillement en nourriture, celle-ci passé un certaine stade (les zones touristiques du lac), devenant difficile à trouver.

Une presqu'île du Khövsgöl Nuur.

Pour rentrer un couple de mongols nous prit en stop sur la route longeant la berge du lac. A savoir, le stop en Mongolie n'est pas gratuit, les mongols s'attendent toujours à une contrepartie financière, nous avons donc dû payer 10 000 T (environ 4 euros) chacun pour effectuer ce trajet.

Apres une nuit de sommeil bien méritée, nous sommes repartis pour une journée de balade à cheval organisée par le biais de notre guesthouse, la législation locale imposant un guide pour 3 touristes, comptez 35000 tugriks pour ce dernier plus la location des chevaux (soit 15 euros pour le guide à diviser par trois et 11 euros pour le cheval à la journée). L'expérience fut une sorte d'initiation pour nous, n'ayant plus pratiqué l'équitation depuis notre enfance. Les chevaux se sont avérés très dociles et notre balade s'est déroulée sans encombres. En chemin, nous avons profité de l'hospitalité de notre guide qui nous a convié chez lui pour une collation composée de thé au lait et d'öröm, fameuse crème mongole pour laquelle nous avons développé une véritable addiction. Seul bémol, une pluie drue qui nous a empêché de jouir pleinement des paysages qui s'offraient à nous. Après une journée de cheval et malgré les selles russes autrement plus confortables que les selles traditionnelles mongoles nos dos et nos cuisses se sont fait sentir en fin de randonnée!

Randonnée à cheval autour de Khatgal

Pour notre dernière journée nous nous sommes aventurés sur la rive orientale du lac, laquelle est bien plus préservée que l'autre côté du Khövsgöl mais également moins bien desservie. Cependant, le mauvais temps rendant la progression assez pénible nous avons été forcés de rebrousser chemin après 2 heures de marche, traversant la rivière par le seul pont des environs afin de fuir l'orage qui nous guettait.

Pont de l'ergin gol.

Notre séjour s'est soldé par une chaleureuse après midi à boire du thé auprès du poêle de l'auberge avant de préparer nos sacs pour un retour vers Mörön.

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De retour à Mörön, capitale de l'aïmag de Khövsgöl (province administrative de Mongolie) nous nous sommes arrêtés à la BataGuesthouse, dans l'espoir de pouvoir refaire quelques jours de cheval, conquis par notre première expérience autour du lac. Le sympathique propriétaire, Bata, nous proposa tout autre chose, à savoir un séjour chez des nomades avec lesquels il entretenait un lien de parenté que nous avons eu du mal à saisir. Moyennant une petite rémunération consistant en l'approvisionnement en nourriture et le transport sur place nous allions pouvoir nous immerger pendant trois jours dans le mode de vie traditionnel des nomades mongols. Bloqués par le mauvais temps nous avons passé une journée à Mörön, qui en soit, comme la majorité des villes de province de Mongolie, ne représente pas un grand intérêt. Nous noterons tout de même son petit temple bouddhiste situé en périphérie de la ville qui vaut le détour, ne serait ce que pour son immense statue de Bouddha.

Bouddha

Par ailleurs, nous avons été charmés par son marché à ciel ouvert dans lequel on prend plaisir à se perdre et à déambuler entre les stands divers et variés grâce auxquels le voyageur de passage pourra s'approvisionner en matériel de camping, pièces détachées, nourriture ou même acheter un deel (vêtement traditionnel mongol) moyennant un prix entre 65000 et 80000 tügrik (30-35 euros).

Essayage d'un del mongol.

Le lendemain matin, un break nous attendait devant la cour de la Guesthouse pour nous transporter jusqu'au campement des nomades situé à un cinquantaine de kilomètres plus à l'est. Pour l'occasion, Bata nous prêta deux deels mongols et des selles russes. Apres une heure de trajet à travers la steppe, nous sommes arrivés dans une plaine vallonnée où trônaient deux yourtes, constituant l'habitat de la famille chez qui nous allions loger.

Nous appréhendions quelque peu notre séjour dans la mesure où la barrière de la langue allait se dresser entre nous et une découverte complète et parfaite de la culture mongole. Nous n'avions pour nous que les quelques mots de vocabulaire que nous avions assimilés et ceux présents dans notre guide de voyage, donc en somme, très peu.

Une fois nos deels enfilés, nous avons directement pris part aux activités quotidiennes de la famille, notamment la fabrication des fromages dont nous parlions plus haut (l'aruul). La vie sous la yourte est radicalement différente de tout ce que l'on peut connaitre par chez nous, le rythme de vie est effréné (surtout pour les femmes), il y a constamment quelque chose à faire. La promiscuité favorise la vie en groupe et l'esprit de famille, celle-ci vivant dans ce petit espace.

Confection d'aruul

Nous avons quand même pu nous dégager du temps libre pour partir explorer la steppe alentour à pieds. A cette occasion, nous avons fait la rencontre d'un berger et de son troupeau, l'homme nous proposa de monter son cheval pour quelques instants, de quoi assouvir provisoirement nos envies d'équitation. Par la suite, il accepta gentiment de poser devant nos objectifs en compagnie de sa monture.

Le lendemain, le père de la famille nous convia à une après midi à cheval dans les environs. Il nous fit passer par des chemins assez périlleux au milieu de la forêt, dans laquelle il mit en pratique ses connaissances botaniques en nous faisant cueillir de savoureuses baies sauvages. C'est à cette occasion que nous avons appris qu'il était un authentique chaman.

Le chamanisme est en Mongolie, la deuxième croyance la plus répandue après le bouddhisme, les deux ayant d'ailleurs tendance à se pratiquer simultanément et à se confondre dans certains aspects, notamment dans la relation qu'entretiennent les mongols avec la nature.

Notre balade fut écourtée par les douleurs occasionnées par la selle mongole présente sur l'un des chevaux (à se demander comment ont-ils pu conquérir la moitié du monde la dessus 😉). Nous sommes donc rentrés afin d'avaler une copieuse collation et nous rabattre sur des activités plus "domestiques". Nous avons pu assister à la fabrication de buuzs artisanaux et même s'y essayer, ce qui fit beaucoup rire nos hôtes. La journée fut également marquée par la venue d'une amie de la famille qui parlait l'anglais, ce qui, allait grandement faciliter la communication par la suite. Nous avons passé une plaisante soirée en sa compagnie et en celle des autres membres de la famille à boire de la vodka mongole (de la marque Ulanbaatar), ce qui aida considérablement à dénouer les langues. Nous avons d'ailleurs été agréablement surpris par la curiosité dont ont fait preuve les mongols à notre égard, avides de renseignements sur notre mode de vie et notre pays.

Fabrication des buuzs


Le lendemain nous nous séparions avec regret de cette famille avec laquelle nous n'avions passé que trois jours mais que nous avions appris à apprécier, chose surement dû à la vie sous la yourte et la cohésion sociale qui la caractérise. Le temps d'une dernière photo de famille et nous promettions avant notre départ de re contacter notre amie anglophone une fois à Oulan-Bator afin de nous y recroiser (celle-ci y travaillant).

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De retour à Mörön, nous nous sommes pris une dernière journée avant de remonter dans un bus pour Oulan-Bator. Ce fut l'occasion d'une dernière balade dans la steppe, ou nous avons pu cueillir en souvenir une herbe si particulière et que nous associons à la steppe. Puis nous sommes grimpés dans le bus direction la capitale, avec le coeur lourd et la tête chargée de souvenirs.

Mörön.
Marché de Naran Tuul à Oulan-Bator.

A Oulan-Baton nous logions dans la très confortable "Adventure riders Guesthouse" située juste derrière le State Department Store (magasin central et assez luxueux). Comme prévu, nous avons contacté notre amie anglophone et celle-ci nous proposa de nous emmener au Marché de Naran Tuul l'un des plus grand (si ce n'est le plus grand) de Mongolie. Nous étions à la recherche d'un deel à ramener comme souvenir et pour le trouver une interprète nous a été d'un grand secours ! Le marché de Naran Tuul ou marché noir, gigantesque dédale de stands en tout genre, bruyant et fourmillant d'activité est un endroit unique ou l'on trouve de tout, des vêtements traditionnels, des contrefaçons de grandes marques, en passant par les selles d'équitations jusqu'à la yourte entière. Il faut simplement rester vigilant car les pickpockets règnent en rois ici, il faut donc veiller sur ses affaires et emporter le strict nécessaire.

Après s'être séparés de notre amie nous sommes allés voir un spectacle d'arts traditionnels mongols mêlant danse, chants aux accents gutturaux, contorsionnisme et théâtre. Le chant diphonique grande spécialité des arts mongols nous a le plus impressionné. Nous avons également été ébloui par les instruments utilisés et les sonorités produites, notamment par le Morin Khuur (instrument traditionnel mongol à tête de cheval). N'ayant pas pu prendre de photos du fait des coûts exorbitants du permis photo nous ne pouvons que vous mettre un lien vers de la musique traditionnelle mongole et vers le spectacle.

Altai Band 
Tumen Ekh Ensemble 

Après cette belle soirée, nous sommes rentrés faire les derniers préparatifs, le départ approchant inexorablement. Nous aurions voulu voir tellement plus, l'Altaï, le Gobi, l'est de la mongolie, les ateliers de fabrication d'arcs, la chasse à l'aigle des Kazakhs, gouter encore à l'hospitalité mongole et à la douceur de vie de ce peuple. L'espace d'un mois nous avons eu l'impression de vivre pleinement, d'expérimenter une liberté nouvelle, conférée par l'immensité des territoires, l'absence de repères et le caractère de ce peuple de nomades habitant la steppe. Qui sait ce que réserve l'avenir à la Mongolie et à ses habitants, le pays est aujourd'hui encore relativement préservé mais menacé (malgré les efforts du gouvernement) par une croissance exponentielle qui malheureusement, se fait au détriment de ses paysages et d'un mode de vie millénaire.

Le conseil que l'on peut prodiguer est de profiter du pays tel qu'il est aujourd'hui et de vous laisser aller à l'aventure, de traverser ses steppes à cheval et de vous laisser subjuguer par la beauté et la richesse naturelle et culturelle de ce bout d'Asie.

Natalia et Joseph.