Carnet de voyage

Al-andalus

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L'Andalousie, point de rencontre du monde musulman et de l'occident, a, par son riche passé, un patrimoine propre conjuguant à merveille des cultures pourtant si différentes.
Octobre 2016
7 jours
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Arrivés la veille au soir à Séville, notre état de fatigue n'aidant pas, notre premier contact avec la ville a été de s'y perdre, occasion essentielle pour dérouiller notre espagnol. Nous avons trouvé réconfort dans une charmante auberge du quartier Santa Cruz, la Pension Montorena, le personnel était des plus avenant et la terrasse de l'établissement dissimulé entre les maisons basses de la ville, permet en fin de journée, de profiter des derniers rayons du soleil Andalou.

C'est sans une véritable originalité que nous nous sommes attaqués aux deux monuments emblématiques de Séville, Le Real Alcazar et la Cathédrale. Bien que les deux édifices soient parmi les plus connus de la ville, leur force en impose toujours même au plus avisé des voyageurs pénétrant en leur sein.

L'Andalousie a pendant longtemps été sous domination musulmane et ce n'est qu'à partir du XVe siècle, lors de la Reconquista, que la région est repassée aux mains des rois chrétiens. Durant la période de domination musulmane et dans une certaine mesure après, bien que radicalement opposées, les deux cultures se sont jointes dans l'architecture et l'art, leur mélange donnant notamment naissance à ce si singulier art mudéjar, emblématique de la région.

Nous avons débuté notre visite par l'Alcazar, ancien palais arabe repris et agrandi par Ferdinand III lors de la Reconquista. Bien que pensant être arrivés relativement tôt, nous avons du faire face à une longue file d'attente: le Real Alcazar, joyau architectural, est devenu aujourd'hui victime de son succès. Toutefois, malgré la foule de touristes, nous avons été subjugués par la singularité de l'architecture, mêlant influences arabes et style gothique, mais surtout par la beauté de la végétation luxuriante des jardins du palais. Les infrastructures andalouses, d'hier comme d'aujourd'hui, sont marquées par l'omniprésence de verdure et d'un point d'eau, tradition héritée des maures et dû au climat extrêmement rigoureux de la région. La culture du patio est très présente, chaque habitation le permettant, même en ville, en possède un, lequel, permet lors des étés secs et caniculaires, de trouver un peu de fraicheur et de répit.

Patios de l'Alcazar 
Les jardins de l'Alcazar.

A la suite de notre visite du palais, nous nous sommes perdus dans les rues adjacentes à la recherche d'une Bodéga ou autre bar à tapas afin de nous sustenter. Il est difficile de se retrouver dans les multiples commerces qui fourmillent autour des principaux lieux touristiques, cependant en prenant son temps, il est possible de faire de belles découvertes, plus authentique: ce fut notre cas. Au sortir de l'Alcazar, dans l'une des ruelles courant sur la droite de la bâtisse, se trouve une jolie place rue Joaquin Romero Murube, sur celle-ci, en contrebas, éloignée des terrasses bondées, se trouve la boutique d'une vieille andalouse qui saura vous régaler de ses jus de naranja maison et bio. A quelques pas de là, nous avons découvert un sympathique bar à tapas, El Librero, proposant un avantageux assortiment de 5 tapas à partager pour 10 euros.

Jus de Naranja et Tapas sur le pouce. 

La cuisine espagnole est surtout célèbre pour ses tapas, qui sont légions sur les cartes ne n'importe quel petit bar. Composées souvent de viande et de fruits de mer, les tapas peuvent aussi être exclusivement végétariennes, comme la tortilla (omelette agrémentée de pommes et terres, d' oignons et parfois de poivrons) spécialité emblématique d'Espagne. Toutefois, la carte présente souvent bien d'autres tapas "sin carne", comme le gazpacho, les papas bravas, les poivrons marinés ou encore l'excellent pisto andaluz (qui est à rapprocher de notre ratatouille).

Une fois notre faim assouvie, nous avons poursuivi notre visite culturelle en nous rendant à la Cathédrale de Séville, à deux pas de l'Alcazar. La Cathédrale occupe le site de l'ancienne mosquée des Almohades (nous vous épargnerons un détail des différentes dominations de la région, à moins qu'il le soit demandé), datant du XIIe siècle. Lors de la reconquête, les Chrétiens ont gardé des éléments de l'ancienne mosquée et ont bâti autour, les autorités religieuses chrétiennes ayant pour projet de faire de la mosquée un gigantesque lieu de culte réadapter à leur foi. Ce fut chose faite, la Cathédrale de Séville est parmi les plus imposantes au monde, surpassée seulement par Saint-Paul de Londres et Saint-Pierre de Rome. L'histoire de la bâtisse illustre encore une fois parfaitement l'habile conjugaison des deux cultures et religions, récupérant l'ouvrage de l'une ou de l'autre. Subsiste aujourd'hui de l'ancienne mosquée le patio des orangers et la tour de la Giralda (bien que cette dernière ait été surélevée depuis sa création).

La Giralda, tour de la Cathédrale de Séville. 

Le panorama qu'offre la Tour est assez impressionnant pour qui a le courage de gravir à la force de ses jambes les étages du bâtiment (97 mètres).

Le patio des orangers 

La Cathédrale n'est pas uniquement un monument architectural époustouflant mais aussi le lieu de la sépulture de Christophe Colomb. Il y est représenté dans son cercueil porté par les quatre rois catholiques d'Espagne.

Tombeau de Christophe Colomb 

Le soir venu, après un long périple pour trouver un endroit où manger un tant soit peu authentique, nous avons découvert à la Puerta De la Carne, une petite Bodéga où étaient attablés uniquement des habitués du coin. On y a pu déguster l'excellent vin rouge espagnol, la Rioja, et découvrir les fromages de la région.

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La Plaza de Espana est l'un des lieux emblématiques de la capitale Andalouse, elle est bordée par un gigantesque et luxuriant parc, don de la famille royale à la fin du XIX siècle. Entre 1909 et 1929 le parc a été réaménagé afin d'accueillir l'exposition Ibérico-Américaine qui avait pour but de (re)valoriser les échanges entre les deux continents. La restructuration du parc et de ses alentours a été confiée à Anibal Gonzalès à qui l'on doit la fameuse Plaza de Espana et l'ensemble des bâtisses du parc.

Afin de fuir les foules et pour contenter nos lubies photographiques nous nous sommes rendus sur la Place avant le levé du soleil afin d'en avoir la jouissance exclusive et profiter de la lumière offerte par l'aurore. Le spectacle valait le réveil matinal, nous nous sommes retrouvés sur une place déserte à la symétrie parfaite, le soleil se levant derrière les colonnes de brique richement décorées de céramique. Un cour d'eau serpente le long de la place, ce matin là, il offrait un splendide jeu de reflets.

Place d'Espagne. 

Certains reconnaitront peut être en cette place, le lieu de tournage de certaines scènes de "Star Wars: L'attaque des clones".

Les premières foules arrivant une fois le jour levé, nous nous sommes réfugiés dans le parc qui borde la place. S'en est suivit une jolie balade dans un immense ensemble, comportant plantes exotiques, bâtisses de l'ancienne exposition et musées. Il est très agréable d'y flâner à la chaleur naissante de la journée, les Sévillans eux mêmes s'y réfugient afin de profiter de l'ombre apporté par les Ficus géants et de la fraicheur des différents points d'eau.

Parque Marià Luisa. 

On peut clore la balade par la Plaza De America sur laquelle se trouvent trois pavillons de styles différents. Dans l'un d'eux, l'on trouve le musée des Arts et Coutumes Populaires. En son sein, on découvrira l'ensemble de l'artisanat et des costumes régionaux. Sont ainsi explorées la cueillette de l'olive, la fabrication du vin, l'orfèvrerie, la poterie, la joaillerie. Le musée archéologique de Séville se trouve dans le bâtiment opposé mais nous n'avons pas pris le temps de le visiter.

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Une fois la visite des principaux monuments de la ville effectuée, nous voulions découvrir la ville au gré de nos envies, quitte à s'y perdre. Le vieux quartier de Séville autour de Santa-Cruz est splendide mais l'on ressent une présence touristique très importante, nous voulions voir un Séville plus authentique. Pour cela rien de mieux que d'arpenter les différentes ruelles de la ville vers les quartiers périphériques, comme celui de la Macarena.


La vierge Macarena. 

Celui-ci, dont la limite est marquée par les anciennes murailles de la ville et la porte éponyme, est un lieu de vie mouvementé où le touriste désireux de voir le quotidien des habitants pourra se régaler au Mercado de la Feria, dans les différentes bodegas, s'y pourvoir en produits locaux et descendre la rue animée de la Féria.

En se rendant sur la rive opposée, le promeneur pourra s'arrêter à la Tore Del Oro, ancienne fortification destinée à protéger l'entrée de la rade de Séville. La tour, en plus d'offrir un panorama sur la ville, abrite un musée de la marine, qui fut longtemps une fierté espagnole et l'instrument de la puissance du pays.

Torre del Oro 

C'est non sans un certain plaisir que nous avons découvert la rive opposée du Guadalquivir. Sur ses berges se tenait autrefois un château qui servit de siège à l'Inquisition durant cette trouble période qui suivit la reconquête espagnole. Le Château est visitable mais ne présente pas un grand intérêt étant donné qu'il ne reste que les fondations des anciennes fortifications. Cependant, vous pourrez remettre vos connaissances historiques sur l'Inquisition à jour!

L'un des lieux d'intérêt du quartier de la Triana est son marché municipal où le voyageur de passage pourra se pourvoir en jambon ibérique et en Queso Monchego dans une ambiance hautement conviviale. Les berges du fleuve offrent une agréable balade tout comme les jardins américains sur l'île de la Cartuja. Un pont flottant a été aménagé pour circuler sur les berges, de grands parcs s'ouvrent au marcheur sur le site qui fut celui de l'exposition universelle de 1992.

A notre retour dans le quartier de Santa-Cruz, nous avons fait l'une des meilleures découvertes de notre séjour. Dans le prolongement de la rue de notre auberge, se trouvait un petit bar, Al Cartuchito. A première vue, celui-ci ne paye pas de mine, quelques tables dehors dans un quartier réputé très touristique, mais lorsque l'on franchit le seuil de la boutique afin de commander, on est accueilli par une décoration rustique et chaleureuse, composée de tonneaux de vins trônant à l'entrée ainsi que de nombreux jambons et autres charcuteries pendus aux murs. La carte des tapas est simple mais les prix sont attrayants (comptez 2 euros la tapa), la où se démarque la bodeguita, c'est par la qualité de ses produits et la gentillesse de ses propriétaires. Ces derniers sont franco-espagnols, maitrisant parfaitement les deux langues, l'un ou l'autre vous accueillera avec sympathie. C'est chez eux que nous avons dégusté la meilleure Tortilla de notre séjour, de plus leurs vins sont excellents.

C'est également à cette occasion que nous avons goûté le vino de Naranja, vin issu de la macération pendant de nombreux mois d'oranges. La majorité des vins proviennent de petits producteurs qui misent sur la qualité, tout comme le jambon qui lui, vient de l'exploitation familiale. L'enseigne a deux établissements dans le vieux Séville, l'un dans le quartier Santa-Cruz, Calle Archeros, l'autre sur place Alfalfa non loin de là. Il est chaudement conseillé d'aller y tapear (Eh oui, les Espagnols ont un verbe pour désigner le fait de manger des tapas).

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Représentation de la vieille Cordoue. 

Une fois Séville parcourue en long et en large, nous avons profité du temps qu'il nous restait pour aller visiter une autre ville andalouse. Entre Grenade et Cordoue le dilemme était de taille. C'est sur cette dernière que notre choix s'est porté, notamment du fait de son riche passé (et des prix de trains avantageux). Le réseau ferroviaire espagnol, la Renfe est de qualité et à des prix tout à fait accessibles .

Arrivés à Cordoue en début de journée, il a été plus aisé de s'y repérer qu'à Séville, la ville moderne étant sensiblement moins grande. L'on pénètre dans la vieille ville par la Puerta de Almodovar, vestige des anciennes fortifications de la cité. C'est avec émerveillement que l'on a découvert la Judéria, l'ancien quartier juif. Ce dernier est composé de maisons basses couvertes de chaux, de ruelles étroites et fleuries dans lesquelles on prend plaisir à se perdre.


En bas à droite: Rue des fleurs, l'une des ruelles emblématique de la ville. 

L'auberge que nous avions réservé, qui se trouve en plein centre ville, nous a offert l'un des cadres d'hébergement les plus agréable que l'on ait connu jusqu'ici! L'établissement a pour lui un patio fleuri, frai et lumineux, une terrasse offrant une vue imprenable sur la Mezquita, la cathédrale de Cordoue et des chambres incroyablement spacieuses. Nous vous recommandons chaudement le Seneca Hostel!

Terrasse et patio du Seneca Hostel. 

Nous avons appris à nos dépends que les principaux monuments de la ville sont fermés le lundi, ainsi l'Alcazar de Cordoue, la Synagogue et les musées étaient clos, ce qui n'a fait que rediriger le flux touristique vers la Cathédrale, rendant impossible toute visite. Nous avons donc profité de notre première journée pour nous balader à pied dans la ville, nouvelle et ancienne. C'est à cette occasion que nous avons rencontré un célèbre luthier espagnol réputé pour la qualité et la beauté de ses guitares (dont les prix sont assez rédhibitoires, comptez 4000-5000 euros pour les plus beaux modèles).

En fin de journée, nous sommes allés admirer le jour déclinant depuis l'autre rive de la ville, franchissant ainsi l'ancien pont romain, autre témoignage du riche passé de la région et des influences multiples de cette dernière. A Cordoue, les berges du Guadalquivir (le même fleuve qui traverse Séville) sont extrêmement vertes et ont été transformées en réserve naturelle, dans laquelle l'on peut admirer les vestiges d'anciens moulins arabes.

Le pont romain de Cordoue.
Le soleil déclinant sur les berges de Cordoue. 
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La Mezquita, voilà le petit nom attribué à ce qui fut l'une des mosquées les plus resplendissantes du monde musulman. Attraction phare de la ville de Cordoue, symbole de l'art mudéjar, joyaux architectural, la mosquée aurait mérité un article entier à son sujet. Après la reconquête, elle a été reconvertie en cathédrale, mais contrairement à celle de Séville, la majorité de l'infrastructure et des ornementations provient de l'époque musulmane. L'influence arabe se fait sentir dès l'entrée, les portes sont richement dorées et décorées d'arabesques. Cependant, l'on retrouvera également un petit autel dédié à la Vierge Marie richement fleuri Lorsque l'on pénètre dans le patio de la cathédrale on y trouve une multitude d'orangers et de petits canaux d'irrigation taillés à même la pierre qui évoquent le patio éponyme de son homologue de Séville.

Mais c'est l'intérieur de la mosquée et son double niveau d'arches bicolores qui sont le plus impressionnants. Les voutes sont d'inspirations chrétiennes tout comme la chapelle royale, malgré le style qui n'est pas sans rappeler l'art musulman. Nous ne pouvons que déplorer le prix élevé de la visite de la mosquée, il faut compter 10 euros pour la totalité du bâtiment, sans remise étudiante. Cependant, face à la beauté et à la force qui émanent de l'édifice, l'investissement est rapidement amorti.

Voûtes et coupole de la Mezquita.

Notre visite s'est poursuivie avec l'Alcazar de Cordoue, construit par les rois chrétiens au cours du XIII siècle après la reconquête, avec l'aide des artisans musulmans locaux. A l'ombre des remparts, l'édifice semble très martial, avec de hauts créneaux et une architecture assez massive et occidentale. Cependant, le monument a également des jardins qui sont des plus beaux d'Espagne. Le véritable intérêt de l'Alcazar réside dans la visite de ces derniers qui sont richement décorés et fleuris, véritable explosion de couleurs et d'odeurs, où les fleurs s'épanouissent entre divers bassins tous plus resplendissants les uns que les autres.

Les jardins de l'Alcazar 

Le promeneur curieux trouvera une statue de Christophe Colomb devant Ferdinand et Isabelle de Castille, représentant la scène où le célèbre Génois implorait les rois d'Espagne de financer son expédition après avoir essuyé le refus des autres nations.

Statue de Christophe Colomb, devant Ferdinand et Isabelle de Castille 

L'Alcazar aura nécessité deux visites, l'une d'elle en plein milieu de l'après midi, l'autre tôt le matin. Au cours de la première, une foule de visiteurs était déjà sur place. Le lendemain nous avons donc fait l'ouverture du palais, à 8h30. La chose présente un double avantage, celui de pouvoir jouir des splendides jardins sous une belle lumière du matin et de la gratuité de l'entrée (les lieux étant ouverts à tous entre 8H30 et 9H30). L'expérience a été des plus agréables, nous avons eu des jardins qui comptent parmi les plus beaux que nous ayons vu, à notre entière disposition. Nous avons pu nous balader à notre gré entre les différents bassins et patios, ainsi que profiter de la senteur des fleurs exotiques qui nous a enivré jusqu'à plus soif. Le jasmin et les roses sont les deux éléments récurrents que l'on retrouve dans les jardins Andalous (ou même le long des façades des bâtiments): son odeur, pour nous, restera emblématique de la région.

Vu de l'Alcazar depuis les jardins. 
Jardins de l'Alcazar. 
Jardins de l'Alcazar. 
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Pour clore notre séjour à Cordoue, nous nous sommes offert une ballade jusqu'au Jardin Botanique de la ville. Celui-ci, situé à l'écart du centre historique, est bien moins fréquenté et offre un cadre paisible dans lequel les promenades sont de rigueur lorsqu'il s'agit de trouver un peu de quiétude et de fraicheur durant la journée. Le jardin regroupe plusieurs serres et une biodiversité impressionnante. Vous y trouverez des plantes d'Amérique latine aux senteurs exquises, des cactus aux formes improbables et un nombre insoupçonné de variétés d'oranges et de citrons. Le musée de l'agriculture du jardin est extrêmement bien pensé et se veut très interactif, vous y découvrirez les origines des différentes espèces de fruits et légumes de la région, les différentes cultures agricoles à travers les âges et les moyens techniques le permettant, notamment les apports des arabes qui dans le domaine étaient bien plus avancés que nous ne l'étions.

Nous n'aurions pas pu quitter Cordoue sans avoir goûté à ses spécialités culinaires. Le soir, nous avons diné dans un sympathique bar à tapas, Le Tata, situé dans le prolongement de la rue Cardenal, proposant pour 15 euros, une bouteille de vin et un assortiment de tapas. Outre les spécialités que l'on a déjà pu déguster et évoquer lors de notre séjour à Séville, telles que les tortillas ou encore le queso monchego, nous avons pu découvrir un plat cordouan, le salmorejo, sorte de crème de tomates à l'ail et l'huile d'olive, bien plus épaisse que le gazpacho.

Le lendemain, le moment était venu pour nous de repartir, les dernières emplettes effectuées, nous rentrions pour Séville.

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L'Andalousie est une région qui, par ses influences multiples, son riche passé historique et culturel, conduit à un voyage bien plus lointain que celui escompté. Malgré la proximité avec notre pays et le fait qu'elle soit courue des touristes du monde entier, le dépaysement qu'elle procure est total. Mais plus que ça, elle reflète une douceur de vivre qui, certes, est commune à l'Espagne en général mais qui ici, est exacerbée. L'entrelacement des ruelles si propre à Séville et Cordoue est une invitation à la flânerie, ces villes font parties de celles où il fait bon de se perdre. En tout point de vue la région nous a satisfait, elle nous a également permis, par son histoire, de nous faire voyager à une époque où les peuples étaient capables d'un vivre ensemble, indépendamment de leur religion et de leurs différences, dans une poursuite commune de la grandeur de l'art, de la culture et du savoir vivre.

Et pourtant, nous n'en avons eu qu'un court aperçu, c'est avec regret que l'on pense à ce que l'on a laissé derrière soi sans avoir le temps de le découvrir. Comment ne pas citer Grenade et les jardins de l'Alhambra que nous rêvions de voir ou le pont suspendu entre deux pics rocheux de Ronda, ou encore la vieille ville de Malaga. Nous sommes partis d'Andalousie en nourrissant un espoir secret d'un jour pouvoir revenir et jouir des autres opportunités que la région a à offrir.

Quelques informations pratiques:

Coût du bus ralliant l'aéroport à Séville: 4 euros

Entrée de l'Alcazar de Séville: 2,50 tarif étudiant.

Entrée de la Cathédrale de Séville: 4 euros tarif étudiant.

Entrée du musée des arts et coutumes populaires: Gratuit pour les ressortissants de l'Union Européenne.

Prix du train Séville-Cordoue: aux alentours de 10 euros.

Entrée Alcazar de Cordoue: 2,25 tarif étudiant, gratuit entre 8h30 et 9h30. (fermé le lundi)

Entrée Mezquita de Courdoue: 8 euros + 2 euros pour la visite de la tour.

Entrée Synagogue: Gratuite.

Entrée Jardin Botanique de Cordoue: 2 euros.